
30 ans de court métrage à Villeurbanne, ça se fête ! Et à édition spéciale, parrain d’exception ! Dire de Jean-François Stévenin qu’il est une figure du cinéma français est réducteur, le terme – même s’il se veut laudatif - semble encore trop étriqué pour ce Jurassien au physique de roc ! Non, Jean-François Stévenin déborde de la simple figure et c’est à un pan entier du cinéma français qu’il nous faut avoir recours pour pouvoir le cerner. Le cinéma, il l’a appris en le faisant, ou plutôt en occupant tous les postes : commençant technicien, puis premier assistant avec Jacques Rivette, Alain Cavalier ou François Truffaut de 1968 à 1972, il effectue ses premiers pas de figurants dans L’enfant sauvage (1969) ou encore La nuit américaine (1972) de Truffaut, qui lui donnera son vrai premier rôle en 1975 dans L’argent de poche. De cette époque à aujourd’hui, la filmographie de Jean-François Stévenin ressemble à une encyclopédie du cinéma façon Tulard, et la liste des réalisateurs pour lesquels il a tourné rassemble tous les piliers du cinéma français et étrangers de ces quarante dernières années : de Jean-Luc Godard à Jim Jarmusch (pour son prochain film), en passant par John Huston, Jacques Demy, Bertrand Blier, Patrice Leconte, Eric Rochant, Pierre Salvadori, Laetitia Masson, ou bien encore Jean-François Richet, Philippe Ramos et Christophe Gans, etc. Bref, une carrière toujours en cours, à faire tourner la tête de plus d’un aspirant au métier de comédien ! Mais la maîtrise totale sur le film, il l’acquiert dès 1977 en mettant en application tout ce qu’il a appris sur les tournages des autres, sa fantaisie en plus, avec Passe-montagne, son premier film en tant que réalisateur, qui sera suivi par Double Messieurs (1984) et par Mischka (2001), tous deux unanimement salués par la critique. En attendant Le Meunier hurlant cette année…
Plus qu’une figure ou qu’un pan, Jean-François Stévenin est un mur porteur ; le point de départ d’une belle lignée d’artistes dont le 7e Art jouira longtemps encore, la relève étant assurée par ses quatre enfants : Sagamore, Robinson, Salomé – qui, par ailleurs, présente de belles aptitudes à la réalisation – et Pierre, tous des comédiens confirmés. Bref, de purs talents qui tracent chacun leurs routes, en leur souhaitant qu’elles soient aussi longues, aussi riches et ponctuées de belles rencontres que celles de leur père.
Enfin, Jean-François Stévenin a un réel rapport affectif avec le court métrage et, bien qu’il n’en ait jamais réalisé et estime en avoir tourné très peu, il affiche une filmographie des plus intéressantes, dont nous vous convions à découvrir une petite partie à l’occasion de l’ouverture de cette 30e édition. Acceptant - à notre demande - de tordre le coup à l’un des sacrements de la carte blanche, Jean-François Stévenin a choisi de vous présenter cinq films dans lesquels il joue, et un sixième marquant les débuts – très réussis – de Salomé dans la réalisation.
Un grand merci à Salomé Stévenin, Madre Films, Yann Piquer (Gulliver Productions) et Jean-Marie Gigon.
SOIREE D'OUVERTURE DU FESTIVAL
Cinéma Le Zola
vendredi 13 novembre à 20h45
en présence de Jean-François Stévenin
Soirée présentée par Vincent Raymond (Tribune de Lyon / Lyon TV)